13.08.2009

Villiers : enfin l’ouverture à droite

Ces derniers jours ont vu la confirmation d’une nouvelle dont on parlait depuis le début du mois de juillet : l’entrée du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers au sein du Comité pour la majorité présidentielle.

Ce comité, présidé par le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a vocation à unir les différentes formations politiques soutenant l’action de Nicolas Sarkozy. À l’heure actuelle, il s’agit du Nouveau centre d’Hervé Morin, des Progressistes d’Éric Besson, de la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel – et, naturellement, de l’UMP.

Autant dire que la gauche s’y taillait la part du lion, au nom de cette sacro-sainte « ouverture ». Avec l’entrée du MPF au sein du comité, l’ouverture à droite fait une timide apparition. Timide, car il n’y a toujours pas de ministre MPF. Mais apparition tout de même.
Nous avons suffisamment réclamé, dans ces colonnes, l’entente à droite pour nous réjouir de ce premier pas.

Naturellement, se réjouir ne signifie pas nécessairement être naïf et trois motifs (au moins) d’être inquiets subsistent.

Tout d’abord, cette petite ouverture à droite se fait tout de même sur fond de « front républicain ». Les dernières municipales partielles d’Hénin-Beaumont nous ont montré que Nicolas Sarkozy n’avait pas franchi le tabou chiraquien de l’alliance avec le (ou au moins de l’indifférence à l’égard du) FN. Tant que ce verrou idéologique n’aura pas sauté, l’ouverture à droite restera problématique.

Deuxième élément : les européennes ont montré la fragilité de la droite. Certes, les listes sarkozystes ont réalisé un très beau score. Mais, en leur adjoignant le MPF, on reste très loin des 50 % nécessaires pour l’emporter au second tour d’une élection présidentielle ou législative.
Enfin, et c’est peut-être le plus important, cette ouverture à droite se produit sans le moindre débat politique. Philippe de Villiers s’est réjoui d’apporter la composante souverainiste de la majorité présidentielle. Mais quel sens y a-t-il à créer une majorité présidentielle qui dit à la fois blanc et noir ?

Nous sommes heureux que des hommes de droite eurofédéralistes puissent enfin parler à des hommes de droite souverainistes. C’est ce que nous pratiquons chaque semaine dans « Les 4 Vérités ». Le débat à droite est évidemment préalable à toute entente à droite. Mais, pour le combat politique, il faut faire des choix : que retiendra la majorité présidentielle des idées villiéristes ? Voilà la question qui se pose maintenant.

Jean Rouxel

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05.08.2009

L’Afghanistan et la lutte contre l’islam radical

À moins de deux semaines des élections présidentielles afghanes, la présence occidentale en Afghanistan se trouve à nouveau mise sur la sellette.
Premier élément de cette mise en question : un rapport de la chambre des Lords pointe du doigt un certain nombre de dysfonctionnements de l’alliance militaire dans ce pays. En particulier, le rapport critique l’absence de cohérence entre les actions des différents contingents.

Cela n’est pas une nouveauté. Chaque fois que la « communauté internationale » a décidé l’envoi de forces militaires multinationales dans un pays, on a observé que les troupes peinaient à mettre en œuvre une stratégie commune. Les rivalités entre chefs, les incompréhensions linguistiques, les modes d’action différents… gênent considérablement cette mise en œuvre.

L’Afghanistan ne fait pas exception à la règle. Tout au plus peut-on noter que, contrairement à beaucoup d’actions militaires internationales, les troupes occidentales n’ont pas reçu une mission d’interposition entre belligérants, mais un mandat beaucoup plus vaste et difficile : pacification (militaire et politique) du pays et éradication des forces islamistes radicales.

Deuxième élément : le mois de juillet a été le plus meurtrier pour l’alliance occidentale depuis son arrivée (75 morts). Ici, nous touchons du doigt la faiblesse de l’Occident face à l’islam radical. Nous n’acceptons plus de perdre des vies humaines qui, pour les islamistes, ne valent rien.

Troisième élément : la situation politique. Les élections présidentielles du 20 août prochain s’annoncent mal. Elles auront lieu dans un climat de terreur et seront probablement marquées par une forte abstention, car les talibans ont appelé au boycott des urnes et à l’insurrection armée. La légitimité du président élu s’en ressentira naturellement.

Cette mise en question de la présence occidentale en Afghanistan omet cependant le principal : que sommes-nous allés faire là-bas ? À cette question, la seule réponse pertinente est : lutter contre l’islam radical. Mais le caractère tribal de l’Afghanistan rend problématique la perspective d’une victoire : comment assurer la stabilité d’un pays qui n’a jamais été stable ? Et surtout l’Afghanistan est-il le meilleur front dans la lutte contre l’islam radical ?

J’aurais tendance à croire qu’il serait plus logique de s’intéresser au Pakistan (qui fournit les talibans, et bien d’autres, en armes et en kamikazes). Mais l’Occident serait-il capable d’exiger quoi que ce soit du pouvoir pakistanais ?