13.08.2009
Iran : la trahison de l’Occident
L’événement le plus révoltant, le plus lamentable et le plus lourd de conséquences, au cours de ces derniers mois, a été la réaction du monde occidental au soulèvement du peuple iranien.
Dans les médias, on a parlé de contestations des résultats de l’élection présidentielles, de « partisans de Moussavi », et que sais-je encore ? On n’a pas dit que les slogans demandaient la liberté, la fin d’un régime qui écrase ce pays qui a, sans nul doute, aujourd’hui, dans le monde musulman, la population la plus ouverte aux valeurs de liberté.
On n’a pas dit l’immense courage de ceux qui sont allés jusqu’à sacrifier leur vie pour la renaissance et la libération de leur pays.
Les dirigeants politiques occidentaux n’ont pas valu mieux que les médias et, pour l’essentiel, se sont limités à quelques vagues formules exprimant une timide « préoccupation ». Les manifestations de soutien au peuple iranien en Europe et en Amérique ont été à l’image de cette apathie. Protester contre Israël ou contre Bush était bien plus mobilisateur !
Il est tristement significatif de voir qu’en Occident, on se révolte bien plus volontiers contre des gouvernements démocratiques que pour soutenir un peuple qui aspire à la démocratie.
Les manifestants occidentaux préfèrent les terroristes et les dictateurs. J’en déduis que, si des frappes devaient avoir lieu contre les installations nucléaires du régime d’Ahmadinejad, là, il y aurait, en Occident, de la protestation dans l’air…
Si les Iraniens, qu’ils soient dans la rue ou dans les obscènes tribunaux staliniens où ils doivent prononcer leur « autocritique », se faisaient des illusions sur le monde occidental, il ne doit plus leur en rester beaucoup.
La chute du régime d’Ahmadinejad aurait pourtant des effets extraordinaires. Le régime en place à Téhéran est le vrai nœud gordien de l’islam radical sur la planète : il est le principal soutien du Hezbollah, du Hamas, de la dictature syrienne de la famille Assad, et il abrite très vraisemblablement quelques résidus d’al Qaida, même si ceux-ci sont sunnites. Le régime en place à Téhéran est aussi l’un des maillons de la nébuleuse de dictatures où se retrouvent Poutine, Medvedev, Chavez, les dirigeants chinois, la Corée du Nord. Ainsi la fin du régime porterait-elle un coup très sérieux, tout à la fois à l’islamisme et au réseau autoritaire-totalitaire qui se tisse.
Si cette chute doit survenir, ce ne sera pas grâce à l’Occident qui trahit chaque jour un peu plus les valeurs qu’il prétend incarner. Elle viendra, tôt ou tard, car les régimes de ce genre sont stériles et finissent par s’effondrer. Mais, parfois, l’effondrement prend du temps, et le temps qui passe s’accompagne alors de dégâts.
Le modèle suivi par la clique au pouvoir à Téhéran semble être le modèle nord-coréen : parvenir à l’arme atomique pour se sanctuariser et pour que toute tentative de renverser le régime apparaisse susceptible de créer un cataclysme.
Obama, sauf s’il change d’orientation brutalement, semble accepter l’idée de l’arme atomique iranienne. Les dirigeants européens aussi. Les Israéliens ne sont pas seulement concernés parce qu’ils sont en première ligne ; ils discernent ce que devrait discerner tout dirigeant occidental lucide, à savoir que l’arme atomique aux mains d’Ahmadinejad, vues les relations de celui-ci avec le terrorisme islamique, offrirait des possibilités de chantage terroriste d’une gravité sans précédent et entraînerait une nucléarisation rapide de tout un ensemble d’autres pays de la région, transformant cette zone en poudrière plus explosive encore.
Nous sommes dans une ère de potentialité inédite dans l’histoire de l’humanité (j’aurai l’occasion d’y revenir, car je trouve l’obscurantisme anti-scientifique et anti-économique ambiant insupportable). Mais ces potentialités sont réversibles et peuvent laisser place à une tragédie absolue.
Irons-nous du côté des potentialités ouvertes par le net, la mondialisation accélérée, les biotechnologies ? Ou allons-nous continuer à nous auto-flageller en disant que le centre de nos préoccupations doit être un imaginaire dérèglement climatique, tout en abandonnant des peuples entiers, et en laissant faire des malades mentaux qui pourraient très vite détruire bien davantage que le climat…
Guy Millière
03:12 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.08.2009
Séparer l’État de la gauche
Divers travaux personnels m’ont empêché de rendre compte jusqu’à présent du dernier livre publié voici quelques mois par Philippe Némo. Je tiens à le faire ici, car c’est un livre important.
Némo s’y propose de relire l’histoire politique et culturelle de la France depuis la Révolution, d’une manière féconde et novatrice. Némo reprend la thèse selon laquelle il y a deux Révolutions françaises profondément antithétiques : 1789 et 1793.
La première, dit-il, a posé l’idéal de la démocratie libérale, la seconde le contre-idéal jacobin, étatiste et socialiste. L’histoire des deux derniers siècles a vu la seconde occulter graduellement la première et l’évacuer de l’espace public.
1789, explique Némo, était encore présent dans la fondation des trois premières Républiques. 1789 était présent aussi dans un anticléricalisme rationnel qui se proposait de séparer l’Église de l’État, et incarné par des hommes tels que Jules Ferry. 1789 était présent, toujours, dans les rangs des dreyfusards à la fin du XIXe siècle.
C’est à ce moment que 1793 a commencé, nettement, à prendre l’ascendant. 1793 a donné naissance alors à une gauche et une extrême-gauche nouvelles, d’une part, et à une extrême-droite, nouvelle elle aussi. La seconde a triomphé à Vichy, au temps du pétainisme, et on pourrait en retrouver des traces jusque dans ce qui reste du Front national. La première a pris les traits d’un anticléricalisme radical qui a remplacé le cléricalisme par un autre, que Némo appelle « laïcisme ». Elle s’est emparée de l’école où elle a substitué le « laïcisme » à la laïcité. Elle a gagné l’université, et a, après la Seconde Guerre mondiale, acquis une position de monopole intellectuel depuis lequel elle a procédé à une reconstruction de pans entiers et cruciaux de l’histoire du pays : de la Révolution, précisément, au déroulement de l’affaire Dreyfus, de la naissance de l’école laïque à la Résistance au nazisme et à la collaboration.
Le résultat, écrit Némo, a été « la profonde décadence de toute la vie culturelle française pendant près d’un demi-siècle » : « toute la pensée française » s’est trouvée « stérilisée par le nihilisme, le cynisme et le biais antiscientifique inhérents au marxisme ». « Le prestige artificiellement conféré à la vision du monde marxiste » a fait qu’« un grand nombre d’universitaires, et bientôt plusieurs générations d’hommes politiques et de journalistes formés par eux se sont retrouvés dans l’impossibilité de comprendre l’économie moderne, puisque, dans leur formation de base, on avait introduit un obstacle épistémologique bloquant absolument cette compréhension ».
Nous en sommes aux conséquences. Un blocage, dont la matrice est l’existence de ce que Némo appelle l’« Église de la Gauche ». « En plein XXIe siècle, en pleine mondialisation, et alors que les Chinois se préparent à créer des bases permanentes sur la Lune. Nous sommes, nous, dans la situation où était l’Empire ottoman à la fin du XIXe siècle, paralysé intellectuellement et socialement par ses oulémas, en passe d’être submergé par des civilisations supérieures ».
Némo espère une issue, qui impliquerait tout à la fois le retour à l’esprit de 1789 et une remise de l’histoire à l’endroit qui ferait apparaître que l’esprit de 1789 a été, en fait, bien plus présent dans la société française que les tenants de 1793 ne le disent : « Nous devons faire œuvre d’anticléricalisme rationnel. Si nous voulons faire revenir le pays dans le courant du progrès mondial, nous devons, un siècle après la loi de 1905, songer à mettre d’urgence en chantier une loi de séparation de l’Église de la Gauche et de l’État ». Némo note que les maux dont souffre ce pays « sont des maladies récentes attrapées un jour d’hiver et que le printemps guérira ». J’aimerais penser qu’il a raison. Je suis plus pessimiste que lui et pense que l’hiver risque de persister.
Je suis enclin à penser aussi que le mal est plus profond et que, dès 1789, étaient présents des éléments qui se révèleront pleinement en 1793 : ma lecture de 1789 serait plus proche de celle d’Edmund Burke.
Le livre de Philippe Némo n’en est pas moins essentiel pour qui veut comprendre l’essence de la Gauche en France et les ravages de l’anti-Église appelée Éducation nationale.
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Guy Millière
06:04 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.07.2009
Le totalitarisme écologiste est bien vivant
L’une des inepties les plus coûteuses à avoir déferlé sur le monde ces dernières années est, sans conteste, le mythe du réchauffement global créé par l’homme.
On pourrait penser que cette ineptie, en ces temps de difficultés économiques, est reléguée dans le révolu. Ce n’est malheureusement pas le cas.
Trop de gouvernements ont investi des fortunes dans une propagande médiatique incessante, dans des travaux publics et des remodelages urbains grandiloquents, pour que la machine lancée soit arrêtée. Trop de budgets sont en jeu. Trop de beaux parleurs, de conseillers du prince, de journalistes, de scientifiques stipendiés sont impliqués.
Il y aura donc, d’ici la fin de cette année, une grande conférence organisée à Copenhague. Il s’agira de définir un traité censé succéder au protocole de Kyoto. Cela se fera sous l’égide de l’Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) des Nations Unies.
Il y aura donc beaucoup de statistiques – aussi sérieuses, à coup sûr, que les déclarations sur les droits de l’homme faites par la même organisation ! Pour préparer, une réunion a été récemment organisée, appelée « sommet d’urgence sur le changement climatique ». L’alarmisme de rigueur y a régné, cela va de soi.
Il a été affirmé que le niveau des mers allait, au XXIe siècle, monter de manière vertigineuse, que les forêts tropicales allaient disparaître, et que la fonte des glaces s’accélérait sans cesse.
Nul n’a dit que la planète risquait de bientôt tourner en sens inverse si le développement économique n’était pas stoppé immédiatement, mais au degré de débilité où nous en sommes déjà, cela finira par venir.
Juste avant les élections européennes, un film d’épouvante signé Yann Arthus-Bertrand a été montré à la télévision, aux fins de doper les listes « vertes » et de faire des « écologistes» le courant d’opposition principal à une UMP, elle-même de plus en plus « verte ».
Lors du récent G 8, il a été déclaré que, pour sauver la terre, « les huit pays les plus riches de la planète entendent agir pour diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050 ». Pour les « pays industrialisés », l’objectif est de diviser les émissions par cinq.
Au même moment, a été organisé à New York un autre sommet dont les médias n’ont pas parlé. On y trouvait le seul chef d’État européen pour lequel j’ai une réelle estime, Vaclav Klaus, Président de la République tchèque et auteur d’un livre que mon ami Jacques Garello vient de faire paraître en France : « Planète Bleue en Péril Vert».
On y trouvait aussi la plupart des grands scientifiques qui ont consacré leurs recherches à la climatologie. Des exposés très précis ont montré à l’auditoire que les modèles informatiques utilisés par l’IPCC laissent de côté tant de paramètres que leurs résultats sont sans cesse réfutés par les données vérifiables tirées de l’observation de la réalité : les températures moyennes sur terre, censées monter chaque année, sont, depuis une décennie, à la baisse.
Le niveau des océans continue à s’élever au rythme où il s’élève depuis plus de deux siècles : trois millimètres par an. La calotte glaciaire antarctique ne fond pas, et il n’y a pas de diminution globale des glaces sur la terre. Les orages et ouragans tropicaux sont à leur niveau d’activité le plus bas depuis trente ans.
Le plus inquiétant, a dit Vaclav Klaus, n’est pas que les gouvernements gaspillent des fortunes au nom d’un réchauffement qui n’existe pas. Ce n’est pas même qu’ils financent ainsi des milliers de gens sans scrupules qui intoxiquent les opinions publiques et détériorent gravement la vie quotidienne de millions de gens.
Ce n’est pas même qu’en faisant cela, ils condamnent à mort des centaines de milliers de gens dans les zones pauvres du monde. C’est que nombre d’hommes politiques semblent croire à ce qu’ils disent et paraissent être fermés à des raisonnements scientifiques scrupuleux.
Croient-ils vraiment ce qu’ils disent ? Sont-ils vraiment fermés aux raisonnements scientifiques scrupuleux ? Ou doit-on penser ce que je pense : à savoir que trop d’argent a déjà été investi, et que trop de gens stipendiés sont impliqués ? Le nazisme, le fascisme et le communisme ont tué et débouché sur des génocides au XXe siècle. L’islamisme est loin d’être mort. Le totalitarisme écologiste est bien vivant. Il détruit et il tue…
15:54 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecologie, réchauffement climatique
17.07.2009
Ben Laden en a rêvé, Obama le fait
Ben Laden en a rêvé en détruisant le World Trade Center le 11 septembre 2001, Barack Hussein Obama le fait. Si la politique étrangère d’Obama est la plus dangereuse, la plus inepte et la plus irresponsable menée par un Président des Etats-Unis depuis le début du XXe siècle, sa politique intérieure conduit son pays vers une ruine qui ressemble à celle vers laquelle l’Europe glisse aujourd’hui. Si rien ni personne ne l’arrête, il pourrait créer des dégâts irréversibles qui, vue la place de l’économie américaine, concernent la planète entière.
Les causes de la crise économique actuelle sont connues, et Thomas Sowell, l’un des grands économistes de ce temps, vient de leur consacrer un ouvrage magistral, « The Housing Boom and Bust ». Les remèdes sont connus aussi.
Mais Obama n’a que faire de la crise et ne se préoccupe pas des remèdes : ce qui l’intéresse est d’abaisser les États-Unis, d’y détruire l’initiative individuelle et la liberté de choix et de commencer à y construire une forme de socialisme ou, dit Sowell, de « fascisme ».
Tout s’est enclenché très vite avec le « plan de stimulation » qui est, en fait, un plan de gonflement des dépenses publiques et de l’endettement public qui, s’il se poursuit au rythme actuel, se trouvera multiplié par cinq en moins de dix ans et soumettra le pays au bon vouloir de ses créanciers. Les projets de restructuration du système bancaire ont largement mis celui-ci sous tutelle du Secrétariat au Trésor. En parallèle, Obama a accru la quantité de monnaie mise en circulation d’une manière si vertigineuse qu’il ne peut y avoir qu’une seule issue : un effritement de la valeur du dollar et une inflation forte.
Plutôt que laisser des entreprises comme Chrysler ou General Motors déposer leur bilan et se restructurer après assainissement, Obama a préféré s’en emparer. Il a fait entrer dans l’actionnariat de la première les syndicats et Fiat et injecte massivement l’argent des contribuables dans le seconde.
Fiat a été choisie, entre autres, parce qu’elle produit des très petites voitures, et qu’Obama voudrait que les Américains roulent dans des véhicules de ce type. Il n’a pas encore révélé ses choix pour la seconde, mais on parle pour elle non seulement de la fabrication de voitures minuscules, mais de celle, à marche forcée, de modèles hybrides. Les syndicats, qui n’ont pas été oubliés chez Chrysler, ne le seront pas non plus à la General Motors. Obama en profite aussi pour punir les concessionnaires des deux marques qui ont versé de l’argent pour les campagnes des Républicains en les plaçant en tête des unités à fermer.
L’EPA, l’agence américaine de protection de l’environnement, a classé le dioxyde de carbone dans la catégorie des gaz polluants et, dès lors qu’elle s’est vue chargée par Obama de « lutter fortement » contre la pollution, il n’est pas difficile de voir ce qui se profile : un projet de taxe carbone (« cap and trade ») qui va rendre plus coûteux les déplacements et les activités de production.
Obama avance à grands pas vers la mise en place d’un système d’assurances santé qui se rapprocherait des systèmes britanniques et canadiens, et qui impliquerait un rationnement des soins, la faillite de multiples entreprises de ce secteur et leur remplacement par des administrations. Les entreprises qui survivraient à ce traitement de choc d’ensemble doivent s’attendre non seulement à un alourdissement des impôts et des charges, mais aussi à une planétarisation de la fiscalité américaine : les entreprises qui réalisent l’essentiel de leurs profits à l’étranger, tout en ayant leur siège social aux États-Unis, savent qu’elles risquent fort de se trouver soumises au fisc américain pour toutes leurs opérations.
Le renoncement à une exploitation de divers gisements aux États-Unis contribue à une remontée nette du cours du pétrole. La destruction de l’économie américaine conduirait à des taux de chômage élevés et une croissance asthénique. Elle entraînerait la disparition de sa position de principale puissance du monde libre : et c’est là, je pense, le souhait fondamental d’Obama. Si la perspective inquiète en Chine, où la croissance dépend de la croissance américaine, elle réjouit de multiples dictateurs et autocrates. Elle devrait inquiéter en Europe : si les États-Unis devaient tomber, le déclin de l’Europe deviendrait une chute libre !
Guy Millière
01:00 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.07.2009
Procès Fofana : la barbarie triomphe
Le procès du gang des barbares touche à sa fin. On en aura relativement peu parlé en France en raison du fait qu’il s’est tenu à huis clos. Seuls quelques journalistes ont procédé à des descriptions, incomplètes puisque basées sur des échos anonymes.
Les peines seront prononcées. Les divers protagonistes iront en prison : au mieux, les principaux responsables, dont Youssouf Fofana, passeront vingt ans en prison. Vu leur âge aujourd’hui, ils auront une cinquantaine d’années à la sortie, donc une possibilité de continuer leur vie dont n’aura pu jouir leur victime. Écriront-ils entre-temps un ou deux livres pour donner leur version des faits ? C’est loin d’être inimaginable en une époque où on traite n’importe qui comme une « célébrité ». Le pays qu’ils retrouveront en sortant sera, en tout cas, un pays qui aura beaucoup changé, et qui ressemblera davantage à ce qu’ils sont, eux, d’ores et déjà. Ils s’y sentiront donc parfaitement à l ‘aise.
La France d’aujourd’hui est un pays où, une décennie après avoir débattu du port du voile et des signes religieux « ostensibles », on débat de signes religieux encore bien plus ostensibles, tels la burqa, sans jamais aborder la question fondamentale : celle de l’islamisation du pays et de l’Europe.
Le seul islam effectivement modéré aujourd’hui est celui des gens nés musulmans, qui ne pratiquent pas ou peu leur religion. Le reste de l’islam est porteur de blocages que nul n’ose plus questionner en public, ou de manière très feutrée. L’un des blocages essentiels concerne le statut des femmes. Dans l’islam, la femme est inférieure ; elle est impure, tentatrice ; elle n’est pas égale en droit. Partout où des voiles sont présents, en Europe ou ailleurs, cela signifie que des femmes, volontairement ou non, entérinent le statut de la femme dans l’islam. Cela envoie un message accompagné d’un jugement aux autres femmes : en ne vous voilant pas, vous oubliez ce que vous êtes, vous vous conduisez mal, vous êtes impudiques…
Dans l’islam, les hommes entérinent cette discrimination et un nombre croissant d’entre eux tire les conclusions de ce que je viens de décrire : une femme non voilée est une femme qui ne respecte pas son statut et qui peut en subir les conséquences. Viols collectifs et violences faites aux femmes sont, en France, comme en d’autres pays d’Europe, en expansion constante…
La France d’aujourd’hui est un pays où chômage et pauvreté explosent. Des économies parallèles fonctionnent dans des cités où on vit de racket, de prostitution, de trafic de drogue, de revente d’objets volés… Ces économies parallèles croissent tandis que l’économie légale stagne.
La police a renoncé à pénétrer dans la plupart des zones où tout cela s’opère. Ces zones sont celles où ont grandi Fofana et ses acolytes. Ce sont celles où grandissent de futurs Fofana, qui savent que la police a peur, comme les hommes politiques et comme le reste de la population. Ces zones sont celles où Fofana et ses acolytes ont reçu leur éducation : l’antisémitisme le plus sournois et les idées islamistes les plus ineptes y font partie du quotidien.
Cela n’est pas sans influence sur la politique étrangère : la France et l’Europe ont déjà fait bien davantage que s’apprêter à abandonner Israël. Toute autre politique impliquerait des risques d’émeutes. Dès l’époque où Saddam Hussein a été renversé, la France ne s’en est pas mêlée pour des raisons bassement financières, mais aussi pour des motifs d’ordre public. Et cela ne va pas s’arranger. La lâche indifférence envers le sort du peuple iranien vient de le montrer.
Ce qui est arrivé au pauvre Ilan Halimi devrait servir de signal d’alarme. On a torturé bestialement pendant des jours entiers un jeune homme seulement parce qu’il était juif. On a téléphoné à sa famille tout en le faisant hurler de douleur et en récitant en même temps des sourates du Coran et on a fait cela parce qu’il était juif.
De nombreuses personnes savaient et n’ont rien dit, parce que c’était un Juif. Je passe sur des détails supplémentaires, pires qu’ignobles, et sur la dépravation morale de tous ceux qui étaient dans le box des accusés – absolument tous. Cela s’est produit en France, au début du XXIe siècle. Le procès du gang des barbares touche à sa fin. Le glissement vers la barbarie, lui, ne fait vraisemblablement que commencer…
Guy Millière
12:44 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.07.2009
Le premier président antiaméricain des USA
Moins de six mois se sont écoulés depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Hussein Obama et sa politique étrangère a montré ses limites, et sa dimension médiocre, voire, parfois, très proche du nauséabond.
Le nouveau pensionnaire de la Maison Blanche parlait d’« espoir » et de « changement ». Il a surtout montré qu’il savait trahir les espoirs de changement démocratique dans les régions du monde où règnent dictature et tyrannie et qu’il réservait l’espoir aux dictateurs et aux tyrans. Les États-Unis ont changé, effectivement, et un Président américain est là qui ne parle plus de liberté et de dignité de l’être humain, mais de stabilité et d’équilibre, quitte à ce que stabilité et équilibre impliquent de passer les droits de l’homme à la trappe.
Il ne s’agit pas d’un retour au réalisme, comme certains le disent : les pires adeptes du réalisme gardaient un minimum de principes, ce qui n’est pas le cas d’Obama.
Il ne s’agit même pas de relativisme : un relativiste place tous les régimes sur un pied d’égalité. Obama, lui, a ses préférences. Et ces préférences le tournent vers les régimes hostiles aux valeurs fondamentales des États-Unis.
J’ai écrit ailleurs, citant les mots de mon amie Nidra Poller, qu’il était le premier Président antiaméricain des États-Unis. Plus que jamais, ces mots offrent une description effroyablement exacte du personnage.
Vis-à-vis de l’Amérique latine, Obama, d’emblée, a montré ses préférences pour les frères Castro, Daniel Ortega, Hugo Chavez. En Asie, il a, dès février, envoyé des signaux de faiblesse en direction de la Corée du Nord et a très vite dépêché Hillary Clinton à Pékin pour qu’elle dise aux potentats locaux que les États-Unis ne les importuneraient plus avec des questions de liberté de parole.
Si Obama a fait preuve de froideur avec tous les dirigeants européens qu’il a rencontrés, il en est deux en direction de qui il a envoyé des messages d’ouverture : Poutine et Medvedev. L’Afrique subsaharienne ne l’intéresse pas et les atrocités commises au Darfour sont désormais très loin de ses préoccupations : l’assassin qui règne à Khartoum est incriminé pour crime contre l’humanité, mais il est aussi membre de l’Organisation de la Conférence Islamique, ce qui, pour Obama, semble valoir toutes les disculpations imaginables.
Concernant le monde musulman, il a annoncé ses positions au Caire. Il n’a pas trouvé de talibans modérés en Afghanistan et au Pakistan, mais il n’a pas renoncé à en chercher. Il n’a cessé, semaine après semaine, d’envoyer des émissaires dialoguer avec Bachar el Assad en Syrie, Hassan Nasrallah au Liban, Mahmoud Abbas à Ramallah, les dirigeants du Hamas à Gaza et, bien sûr, ceux de la République islamique d’Iran où c’était possible.
Les élections libanaises ont infligé une défaite relative au Hezbollah, donc aux interlocuteurs qu’avait choisis Obama. Les élections iraniennes et les émeutes qui s’en sont suivies ont, je l’ai souligné en ces colonnes la semaine dernière, montré que le peuple iranien en avait bien davantage qu’assez du régime des mollahs.
Obama a mis un peu plus de huit jours pour tenir un discours porteur d’un soutien minimal aux aspirations des Iraniens. Il a attendu pour cela que le soulèvement soit écrasé dans le sang, les cadavres, et la barbarie. Il attend sans doute désormais une « normalisation » de la situation. Et en attendant que celle-ci vienne, il commence à retirer des troupes d’Irak afin que les terroristes reprennent leurs activités.
Il s’emploie aussi à déstabiliser le seul pays démocratique stable et le seul allié fiable des États-Unis dans la région : Israël. Sa préférence très visible, là, va aux dirigeants « palestiniens » et, sans jamais rien exiger de ces derniers, il pointe sans cesse du doigt ce qui est, selon lui, le « problème majeur » qui bloque toute perspective de paix : l’existence de villages juifs en Judée-Samarie. Faire d’Israël, comme un dictateur arabe ou un mollah iranien sanguinaire, le bouc émissaire de toute une région est adopter une attitude mentale indigne.
Les faits montrent ainsi chaque jour davantage qu’Obama est le premier Président antiaméricain des États-Unis. Et parce que j’aime les États-Unis et la liberté, je suis, comme des millions d’Américains, très en colère.
Guy Millière
05:05 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.06.2009
La liberté du peuple iranien
À de très rares exceptions près, les commentaires de la grande presse face aux événements qui ont suivi l’élection présidentielle iranienne ont été, en Occident, d’une grande timidité.
Ce qui se passe est pourtant d’une importance considérable. Quel que soit l’avenir, le régime mis en place par l’ayatollah Khomeiny il y a trente ans a vécu. Ou bien Khamenei et Ahmadinejad noieront la révolte dans un bain de sang et ils apparaîtront d’une manière un peu plus obscène pour ce qu’ils sont, des dictateurs sans scrupule et des fanatiques meurtriers. Ou bien la révolte les submergera et un changement de régime aura lieu.
Tout en souhaitant, bien sûr, la seconde issue, je crains la première. Mais, quand bien même ce serait la première qui surviendrait, il deviendrait bien plus difficile à un diplomate ou un homme politique occidental de prétendre encore qu’on peut négocier quoi que ce soit avec des gens pareils et il deviendrait impossible de fermer davantage les yeux sur les dangers que l’arme nucléaire aux mains de tels personnages pourrait représenter.
Ce qui survient actuellement constitue une leçon de dignité et d’éthique face au « pragmatisme » de ceux qui ne cessent de répéter que les peuples musulmans ne peuvent aspirer à la liberté. Le peuple iranien, aujourd’hui, en ce moment, fait preuve d’un courage immense et exprime que trente années, cela suffit. Ceux qui sont à l’écoute des slogans scandés dans les rues de Téhéran et de toutes les grandes villes du pays savent que ce qu’on entend n’est pas une demande de recomptage des voix, mais, bien plus souvent, des cris qui disent : « Mort aux tyrans » ou « Mort aux dictateurs ».
Des appels se font en direction de Moussavi, mais celui-ci se trouve porté par un mouvement qui le dépasse de beaucoup et dont il n’est en rien l’organisateur. Il peut devenir son chef de file, mais seulement à condition de se placer lui-même à l’écoute du peuple.
On entend aussi, parmi les cris, « Allah est le plus grand », mais nul mieux que Khamenei ou Ahmadinejad ne comprend ce que cela signifie, à savoir que ni Khamenei ni Ahmadinejad, ni quelque dignitaire islamique, n’est légitime.
Parmi les Iraniens qui sont dans les rues aujourd’hui, nombreux sont ceux qui sont passés par l’Irak et ont vu ce dont nul ne parle en Europe : un pays libéré d’un tyran qui a été jugé et exécuté, un pays où la presse et les élections sont libres. Dans les manifestations iraniennes, la référence à l’Irak est explicite. Les manifestants pensent que le sort réservé à Saddam Hussein devrait attendre Khamenei et Ahmadinejad.
La déstabilisation de l’ordre autocratique qui régnait dans le monde musulman et à laquelle songeait George Walker Bush produit ses effets. Ceux qui pensent que des élections libres en terres musulmanes portent toujours au pouvoir des islamistes devraient examiner de plus près les résultats des récentes élections municipales irakiennes, des élections libanaises qui ont vu un recul net du Hezbollah, ou des élections au Koweit.
Personne ne soulignera l’aveuglement, la lâcheté, le cynisme et l’absence de perspective de l’administration Obama. Voici deux semaines, Barack Obama, dans son discours du Caire faisait la cour aux islamistes et léchait les pieds de Khamenei et d’Ahmadinejad. Pendant plus de huit jours d’émeutes en Iran, il a choisi le camp du pouvoir en place et de la répression au nom de la « stabilité », et a fini par tenir des propos minimalistes vaguement favorables à la liberté.
Je me souviens de temps où les États-Unis étaient, d’emblée, du côté de la liberté contre le totalitarisme. Ce fut le cas sous des Présidents de gauche tels Kennedy, sous des conservateurs tels Reagan ou George Walker Bush. Obama incarne une gauche américaine qui n’est en rien la gauche idéaliste d’autrefois, mais une gauche extrême, radicale, tiers-mondiste, ouverte à l’islamisme, tendant la main aux dictateurs.
Il est des gens qu’Obama fait encore rêver. On a les rêves qu’on peut. Moi, je préfère espérer pour la liberté du peuple iranien.
J’ai écrit voici un an que, même s’il était élu, Obama ne serait pas Président, je persiste et je signe. Non : Obama ne se conduit pas en Président des États-Unis !
Guy Millière
18:48 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.06.2009
L’islam radical a un allié à la Maison blanche
Je n’ai pas écrit d’article sur les élections européennes ou, pour être plus précis, j’en ai écrit plusieurs, et j’ai décidé de ne pas les publier.
Faut-il rappeler, une fois encore, que l’Union européenne est une construction bureaucratique et technocratique ? Faut-il rappeler aussi qu’elle est constructiviste, au sens que Friedrich Hayek donnait à ce terme ?
L’Europe est une région du monde qui se délite rapidement. Elle a toutes les apparences de l’agonie. Dans vingt ans tout au plus, elle sera assez largement musulmane, plus pauvre, plus vieille, moins peuplée.
J’ai été naguère favorable à l’entrée de la Turquie parce que cette entrée me semblait à même de faire dérailler le train lancé et d’arrimer la Turquie au monde occidental.
Nous ne sommes plus dans ce cas de figure : le train a franchi des étapes supplémentaires, la Turquie a glissé assez nettement vers un islam plus radical qui fait qu’elle s’implique davantage au Proche-Orient, que son alliance avec Israël se distend, et que ses dirigeants gardent un pied en Europe non plus pour s’arrimer à l’Occident, mais parce qu’ils voient que les dirigeants européens sont de plus en plus soumis aux avancées de l’islam et de l’islamisme.
Dans cette Europe à l’agonie, on peut tout juste noter que les populations préfèrent le dirigisme des socialistes modernes à celui des socialistes archaïques : le socialisme sarkozyen en France attire davantage que le socialisme plus ouvertement marxiste.
Dans une même direction, on peut noter l’avancée des mouvements écologistes : quand on ne croit plus en Dieu, on ne devient pas quelqu’un qui ne croit en rien, mais quelqu’un qui croit en n’importe quoi, a écrit Gilbert K. Chesterton. L’Europe n’est plus guère chrétienne et on y croit à la nature pure, au « développement durable » et à la thèse selon laquelle l’être humain est une créature essentiellement polluante. C’est le signe d’un avenir stérile.
On peut noter aussi, pour finir, l’avancée en divers pays tels la Hongrie ou le Royaume Uni de mouvements aux idées fascistes, ce qui est le signe de tensions à venir, d’aigreurs et de frustrations pathologiques qui ne seront pas sans conséquences.
Laissons l’Europe, donc, pour nous intéresser à l’itinéraire récent d’Obama. Celui-ci, ai-je dit en ces colonnes, a parlé de manière acceptable en Normandie. Mais il avait fait auparavant deux haltes en Allemagne. L’une à Büchenwald, pour montrer qu’il rendait hommage aux Juifs morts dans les camps d’extermination. L’autre à Dresde qui n’a pas été choisie au hasard, puisque certains Allemands y voient un lieu où les Alliés auraient commis un « crime de guerre » en 1945. Obama entendait-il faire comprendre que le peuple allemand avait beaucoup souffert et était, lui aussi, une victime ?
Cette déduction se fait d’autant plus facilement qu’Obama est porteur d’un relativisme aux orientations très douteuses. Cela s’est vu lors des autres étapes de son voyage : à Riyad où il s’est à nouveau courbé devant le monarque saoudien et, surtout, au Caire où il a prononcé un discours scandaleux.
Au Caire, Obama a eu recours à des affirmations qui relèvent de la falsification de l’histoire en attribuant au monde musulman des inventions que celui-ci n’a pas effectuées et en recourant à des citations tronquées du Coran.
Il n’a pas utilisé une seule fois le mot « terrorisme » et a qualifié l’action d’organisations telles que le Hamas de « résistance ». Il a repris à son compte la version de l’histoire du Proche-Orient que déverse à longueur de journée la propagande « palestinienne ». Il a, et c’est le plus grave, jeté Israël aux chiens tout en parlant d’« amitié » avec le peuple juif, donné un blanc-seing à tous les régimes tyranniques de la région et reconnu le droit de l’Iran à se nucléariser.
Personne ou presque n’a perçu quoi que ce soit en Europe. Au contraire, l’extase obamaniaque a redoublé de vigueur. Les grands médias européens sont tellement imprégnés des falsifications de l’islam radical et de la propagande palestinienne qu’on n’y perçoit plus qu’il s’agit de falsifications et de propagande. On ne semble pas y comprendre que l’islam radical a des visées planétaires et qu’il a un allié à la Maison blanche. Ou peut-être a-t-on déjà compris et pratique-t-on la soumission préventive…
Guy Millière
01:37 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.06.2009
Ce que nous devons aux États-Unis
Le discours prononcé par Barack Obama le 4 juin au Caire a été consternant. Il faudra y revenir, d’autant plus que l’essentiel de la presse française l’a décrit de manière élogieuse.
Le discours prononcé par le même Barack Obama deux jours plus tard, le 6 juin, à Omaha Beach, a été de meilleure tenue et, quand bien même on y trouvait des traces de relativisme culturel, a rappelé les valeurs fondamentales qui ont fait les États-Unis d’Amérique.
Les meilleurs discours, ce jour-là, n’en ont pas moins été celui de Gordon Brown, et, surtout, celui du Premier ministre canadien Stephen Harper.
Eux seuls ont rappelé que le combat qui s’était mené sur les côtes normandes il y a soixante-cinq ans avait abouti à la fin du nazisme et du fascisme, mais s’était prolongé dans la lutte contre le communisme qui devait garder prisonnière une moitié de l’Europe pour plus de quatre décennies supplémentaires et se prolongeait aujourd’hui partout où la dignité de la personne humaine est menacée, du Soudan à l’Afghanistan, de l’Irak au Zimbabwe et en Chine.
Gordon Brown a cité Anne Frank et rappelé que la chute du nazisme avait mis fin à un régime qui avait placé au centre de ses obsessions meurtrières un antisémitisme que certains s’activent à faire renaître.
Le discours le plus médiocre de tous ceux tenus le 6 juin a été, je regrette de le dire, celui de Nicolas Sarkozy, qui aurait pu, au moins ce jour-là, éviter le « politiquement correct » à la française : citer parmi les luttes situées dans la lignée de la libération de l’Europe la préservation de la nature avait une dimension ridicule.
Dire que les Nations Unies ont fait partie des résultats majeurs de cette même libération constitue presque une insulte aux morts. Est-ce honorer leur mémoire que de dire qu’ils se sont battus pour la naissance d’une institution stérile, impuissante, et dont les actions contredisent de plus en plus souvent les objectifs initiaux ?
Citer les états d’âme d’un soldat allemand songeant à la mort du jeune Américain sur qui il vient de tirer n’était pas du meilleur goût : le jeune Américain se battait pour une cause noble, le soldat allemand défendait un régime abject. Mettre l’un et l’autre en parallèle, sous prétexte qu’ils ont tous deux souffert, témoigne d’un délabrement moral préoccupant.
Insister comme l’a fait Sarkozy sur la participation de Belges ou de Tchèques, et placer ceux-ci sur le même plan que les soldats américains, canadiens et anglais constitue une révision de l’histoire dont Sarkozy aurait pu se dispenser, tout spécialement là où il parlait. Les neuf mille croix de bois blancs et les quelques dizaines d’étoiles de David alignées à Omaha Beach témoignent du sacrifice de gens qui venaient essentiellement d’outre-Atlantique. Ce n’était pas un jour où parler de soldats belges ou tchèques, ou alors, plus discrètement.
Mais Chirac a fait bien pire, il y a cinq ans…
Quoi qu’il en soit, c’est l’Europe qui a fait naître les doctrines totalitaires qui ont ensanglanté le XXe siècle : nazisme, fascisme, communisme. C’est l’Europe qui s’est détruite elle-même pendant la Première Guerre mondiale, puis, de façon plus profonde et irrémédiable, pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ce sont les États-Unis qui ont mis fin à la boucherie une première fois. Ce sont à nouveau les États-Unis qui ont mis fin au fascisme, au nazisme et à leurs crimes. Ce sont les États-Unis toujours qui ont gagné la guerre froide et ont permis que l’Europe soviétisée retrouve la liberté.
Le 6 juin devrait être célébré comme un jour de gratitude où l’Europe a été sauvée de ses propres démons par des jeunes gens venus d’Amérique, qui ont sacrifié leur vie pour une cause immense : celle de la liberté. La gratitude implique que nous leur rendions hommage et que nous honorions leur mémoire en rappelant, comme l’ont fait Gordon Brown et Stephen Harper, que le combat pour la liberté continue et suppose une éternelle vigilance.
Sans les États-Unis, nous serions sur un continent très différent. Hitler, Staline ou leurs descendants auraient pu gagner. Je ne l’oublie jamais. Il est des dettes que tout l’or du monde ne pourrait rembourser.
Tout adolescent devrait visiter deux lieux sur le continent européen : Auschwitz, pour voir ce que fut le nazisme, et Omaha Beach, pour savoir ce que nous devons aux États- Unis…
Guy Millière
01:30 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.06.2009
Des chemises brunes aux chemises vertes
Les modes vestimentaires changent avec les époques. Les idées que recouvrent les modes vestimentaires, elles, changent beaucoup moins. Lors de la montée du nazisme en Allemagne, la couleur « tendance » était le brun, et il se portait sous forme d’une chemise, par ailleurs très classique.
Cette tenue fut celle des Sections d’assaut. Celles-ci furent créées par Adolf Hitler en 1921, interdites entre 1923 et 1926, et œuvrèrent pour l’avènement du Troisième Reich, jusqu’à ce que le dictateur décide de s’en débarrasser après usage en 1934, lors de la « nuit des longs couteaux ».
La couleur qui monte en Europe aujourd’hui est le vert. Ce fut d’abord la couleur du gauchisme reconverti dans l’écologie. C’est aujourd’hui la couleur de l’islam. On l’a vu lors des manifestations du mois de janvier, portée par de charmants jeunes gens, garçons souvent barbus, et filles souvent voilées, qui criaient des slogans dont l’inspiration n’avait pas besoin de porter de mention d’origine pour qu’on la déchiffre : « Les Juifs au four », « Hitler n’a pas fini le travail ».
On la retrouve parsemée chez les membres de la liste des idiots inutiles regroupés derrière le sinistre Dieudonné, le non moins sinistre Alain Soral et leur mentor islamiste Yahia Gouasmi. Ils se proclament « antisionistes », « pas du tout antisémites », mais n’en voient pas moins des complots juifs partout, comme le lecteur habituel de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion.
On la retrouve au Front National, puisque Jean-Marie Le Pen, quand il ne compare pas Gaza à un « camp de concentration » ou ne traite pas les chambres à gaz de « point de détail », accepte les invitations de la république islamique d’Iran et fréquente les journalistes en tchador.
On la retrouve aussi dans une nébuleuse pataugeant entre extrême-droite, extrême-gauche et islam radical, qui gravite autour d’organisations telles qu’Europalestine, ou le Capjpo (n’oubliez pas le j, sans lequel on pourrait lire cappo : ce serait une homonymie anachronique), Comité d’Action pour une Paix Juste au Proche-Orient – la « paix juste » étant, si j’ai bien compris, synonyme de triomphe du terrorisme et de solution finale pour Israël.
Cette nébuleuse ne porte pas la chemise boutonnée de façon traditionnelle, mais plutôt sous l’aspect de la tunique : on ne peut vestimentairement pas confondre les chemises brunes d’hier avec les chemises vertes d’aujourd’hui. En pratique, il existe cependant des liens de parenté dont il serait légitime de s’alarmer avant qu’ils ne prennent trop d’ampleur. Les porteurs de chemises brunes d’hier agressaient ceux qui ne pensaient pas comme eux. Ils vouaient une haine particulière aux Juifs et, parmi eux, aux commerçants juifs.
Les porteurs de chemises vertes d’aujourd’hui se contentent pour le moment d’agressions verbales. Ils vouent une haine particulière aux Juifs israéliens (qui représentent la moitié de la population juive de la planète) et montrent une animosité exacerbée envers les activités commerciales des Juifs israéliens. Ne se contentant pas d’une politique de dissémination de la haine anti-juif israélien, donc, fondamentalement anti-juive, et de campagnes de désinformation visant à répandre des falsifications de l’histoire et des comparaisons répugnantes, du style « Gaza égale Auschwitz », les porteurs de chemises vertes mènent des actions de destruction des produits juifs israéliens dans les supermarchés et des campagnes de boycott destinées à intimider les enseignes pour qu’elles ne commercialisent plus des produits marqués de l’étoile bleue, que les porteurs de chemises vertes voudraient repeindre sous les couleurs d’une étoile jaune du XXIe siècle. Ce genre d’activité est inadmissible et ne doit pas être toléré.
Si nul ne réagit, l’Europe de demain sera une Europe raciste, soumise à l’islamisme, où les Juifs et les hommes libres subsisteront en rasant les murs et où les totalitaires tiendront le haut du pavé. Les populations juives et les hommes libres quittent d’ores et déjà l’Europe en nombre croissant.
Les Européens devraient prendre garde: un pays qui perd sa population juive et ses hommes libres a toujours, dans l’histoire, été un pays qui perdait une part essentielle de son âme et ses valeurs éthiques.
Guy Millière
09:40 Publié dans Guy Millière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





