11.08.2009

Neda et Clotilde, ces victimes de la tyrannie iranienne

Qui, chez les hommes politiques, osera qualifier l'actuel régime iranien pour ce qu'il est : une théocratie islamo-fasciste, contestée par un peuple courageux qui aspire à la liberté? Le procès stalinien qui s'est ouvert, ce week-end à Téhéran, contre les manifestants arrêtés en juin après les élections truquées confirme, s'il en est besoin, la tyrannie d'un pouvoir paranoïaque qui ne tient plus que par la violence, l'intimidation, le chantage, le trucage des votes. Ce qui résume le mieux l'inhumanité et la sottise de ce système à bout de souffle, devant lequel Barack H. Obama tente encore vainement de jouer l'apaisement au risque de se décrédibiliser davantage, sont deux visages de jeunes étudiantes: celui, bien sûr, de Neda Soltani, 26 ans, tuée lors d'une manifestation à Téhéran; celui, plus récent, de la française Clotilde Reiss, 24 ans, actuellement détenue sous l'inculpation incongrue de partipation à un complot occidental contre le régime islamique. Samedi, la jeune femme, qui était en Iran pour apprendre la langue et étudier sa culture, a dû s'excuser publiquement devant ses juges d'avoir participé aux manifestations. Ces deux victimes innocentes suffisent à accuser, symboliquement, une dictature machiste qui fait insulte au peuple iranien et à sa civilisation.

Ivan Rioufol

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01.07.2009

Pourquoi il faut interdire la burqa en France

La burqa s'est donc invitée au château. Ce voile intégral, porté par des musulmanes, y a été réprouvé, lundi à Versailles, par le chef de l'État. " (Elle) ne sera pas la bienvenue ", a-t-il dit, sous les applaudissements nourris du Congrès. Plus tôt, des parlementaires, menés par André Gerin (PC), avaient réclamé une commission d'enquête sur ce phénomène et sa possible interdiction. Mais cet accoutrement répulsif, qui enferme la femme, n'est qu'un symptôme. Il révèle, plus gravement, la poussée de l'islamisme en France.

C'est une mission d'information parlementaire qui a été chargée, en définitive, de cerner ce choix vestimentaire encore marginal. Il faut dire que le Conseil français du culte musulman avait fait savoir son opposition à une commission d'enquête, accusée de "stigmatiser l'islam et les musulmans de France " : un argument spécieux, invitant à se taire. Or, la burqa comme le voile sont les signes d'une soumission et d'un rejet des règles de la République laïque (1). Doit-elle se résoudre à être défiée par ses hôtes ?

Quand Nicolas Sarkozy déplore : "Notre modèle d'intégration ne fonctionne plus", il se garde d'en fouiller les causes. Elles mériteraient, pourtant, la "remise à plat" promise quand le président parle de la crise économique, sociale, écologique. Car cette autre crise oubliée, multiculturelle celle-là, est autrement plus déstabilisante. Aristote : "L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation"(2). La France laisse venir l'épreuve, en refusant de se confronter à ceux qui rejettent ses valeurs.

Les nombreux musulmans démocrates ne peuvent se sentir solidaires d'une idéologie qui cherche, à terme, à subvertir la nation. Sarkozy parle d'or quand il dit : " Dans la République, la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions". Pour autant, cela ne doit pas interdire d'enquêter, au-delà de la burqa, sur le fondamentalisme dans les cités. La nation peut se perdre à fermer les yeux sur des processus de néocolonisation enclenchés dans des territoires déjà perdus. Cette évidence, le pouvoir devra bien l'aborder, autrement que par le petit bout de la lorgnette et en craignant de choquer.

Pourquoi faudrait-il craindre de contrarier les islamismes, qui se conduisent de plus en plus, en France, en territoire occupé et qui viennent de montrer leur vrai visage en Iran ? Les ménager encore serait faire reculer l'islam des Lumières, qui peine à consolider sa place. Notre "vieux pays", ainsi nommé par Sarkozy, aurait-il perdu le goût de se défendre ?

 

Ce que dit le peuple d'Iran
La France doit d'autant moins redouter d'interdire la burqa ou le niqab, et même de stigmatiser le voile comme fantasme sexuel imposé par des machistes, que l'islam radical qui inspire ces marques d'asservissement est en train de se faire désavouer par les Iraniens eux-mêmes. Ils ont forcé leur République islamiste, économiquement en ruine, à dévoiler son assise dictatoriale. Neda, belle étudiante tuée par balle, samedi, lors d'une manifestation à Téhéran, est devenue le symbole de cette oppression théocratique qui, au nom de ses interdits, truque les votes et tire sur les foules. Certes, on ne risque pas de voir défiler, à Paris, les islamo-gauchistes qui protestaient hier avec le Hamas contre le sort des Palestiniens. Ces indignés-là ne soutiennent que les tyrannies. Mais, en Iran, c'est un peuple aspirant à la démocratie qui ouvre la voie à une modernité sécularisée. Le régime des mollahs, qui commence à se fracturer de l'intérieur, a entamé sa chute.

L'histoire dira si ce tournant qui s'amorce en Iran aura été inspiré par la "contagion démocratique" qu'avait espérée George W. Bush au Moyen-Orient en libérant l'Irak de son dictateur, ou par la main tendue de Barack H. Obama à l'Islam, lors de son récent discours du Caire. Les deux politiques ont sans doute concouru, par des chemins opposés, à ces effets qu'elles recherchaient. Il a été en tout cas rassurant d'entendre le président des États-Unis sortir de ses pesants silences, dénoncés ici la semaine dernière et qu'approuvait la moutonnière obamania. Mardi, Obama a "condamné fermement les actions violentes ", en rendant hommage au "courage" des manifestants. Refuser de s'ingérer dans les affaires iraniennes, comme s'y astreint l'Occident avec raison, ne peut interdire, par excès de prudence, les élémentaires signes de soutien en direction de ce peuple musulman qui dit vouloir être libre.


Court-termisme
Reste la question : Nicolas Sarkozy désire-t-il vraiment prendre à bras-le-corps les problèmes les plus graves, dont celui de la sauvegarde de la cohésion nationale ? La promotion de femmes de confession musulmane, républicaines et laïques, est restée timide dans le remaniement ministériel. La tentation existe de dissiper les Français par une pipolisation de la politique, illustrée par l'arrivée de Frédéric Mitterrand à la Culture. Quand le chef de l'État assure, lundi, parlant d'économie et de social : " Le modèle français a de nouveau ses chances", alors que le rapport de la Cour des comptes, publié le lendemain, met en alerte sur les déficits colossaux produits, notamment, par l'État-providence, se retrouve cette constante attirance pour le court-termisme, qui a toujours repoussé les décisions les plus drastiques. À quand l'électrochoc ?

 

(1) Lire, à ce propos, Les dessous du voile, aux Editions Riposte laïque.

(2) J'emprunte cette citation à l'interessante étude que David Mascré vient de consacrer au meurtre de Ilan Halimi, Des barbares dans la cité, Editions de l'Infini. Le texte d'Aristote, cité par l'auteur, dit plus longuement ceci:"L'absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation.Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C'est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre".

Ivan Rioufol

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24.06.2009

En attendant l'Islam des Lumières

La dictature iranienne vient de produire l'image qui l'accablera à jamais: le visage ensanglanté de Neda, 26 ans. Filmée par un anonyme dans son agonie, après avoir été touchée par une balle samedi à Téhéran lors d'une manifestation, la jeune étudiante est devenue le symbole de la résistance d'un peuple gagné par la contagion démocratique. A peine Barack Hussein Obama venait-il d'inviter (Le Caire, 5 juin), après avoir lui-même rappelé sa filiation musulmane illustrée par son deuxième prénom, à "combattre les stéréotypes négatifs de l'islam où qu'ils se manifestent", la théocratie iranienne étalait son totalitarisme, son immoralité, sa violence. Il aura fallu attendre samedi pour qu'Obama sorte de son silence, mécaniquement approuvé par ses dévôts, et affirme enfin le soutien des Etats-Unis à ceux qui exercent "le droit universel au rassemblement et à la liberté d'expression".

L'Islam des Lumières, que semble vouloir porter le peuple iranien quand il réclame la démocratie et la modernité, ne s'accorde pas avec ces niaiseries qui veulent faire croire qu'il est déjà une réalité largement établie et que l'islamisme est un fantasme. Obama est d'ailleurs bien mal inspiré quand il se félicite de voir "le gouvernement américain aller devant les tribunaux pour protéger le droit des femmes et des jeunes femmes de porter le hijab, et pour punir ceux qui nient leur droit" (discours du Caire). Le voile, plus encore la burqa et le niqab, restent les signes de la soumission de la femme, mais aussi d'un rejet de l'Occident et sa laïcité. Interdire la burqa? Le débat qui s'ouvre en France a le mérite de s'affranchir de l'angélisme. Mais c'est une commission d'enquête sur la réalité de l'islamisme en France qu'il faudrait initier.

Je participerai, mercredi, à deux débats sur BFMTV (12h 45-13h10) et à l'émission «  On refait le monde, sur RTL (19h15-20h)

Ivan Rioufol

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20.06.2009

Les silences de Barack Hussein Obama

Crédible, Barack Hussein Obama ? Ses approximations historiques, qui présentent l'islam, religion de son père, comme source de l'Europe des Lumières et d'inventions comme l'imprimerie, font douter du sérieux de ses analyses. D'autant qu'il dit aussi : "Les États-Unis sont l'un des plus grands pays musulmans de la planète." Sa récente promotion du voile islamique, symbole de la soumission de la femme, a choqué les défenseurs de la laïcité. L'icône, un brin distante lors de son séjour à Paris, ne mérite pas l'unanimité des louanges.

 L'obamania qui dure, notamment au sein de l'intelligentsia française, obscurcit l'élémentaire esprit critique. Au prétexte que le président des États-Unis a entrepris de se démarquer de son prédécesseur, toute sa politique est louangée par les anti-bushistes d'hier. Même ses œillades aux islamistes et ses mains tendues aux despotes sont jugées exemplaires d'intelligence, par ceux qui estiment que l'Occident doit s'astreindre à l'humilité. Auraient-ils oublié, ces héritiers de Chamberlain, que le totalitarisme méprise les faibles ?

Le coup d'État de Mahmoud Ahmadinejad, en Iran, qui vient de se faire réélire haut la main en fraudant les urnes, a dévoilé s'il en était besoin l'oppression de ce régime islamo-fasciste, qui construit sa bombe atomique et menace Israël. L'irrationalité de ses dirigeants, qui attendent l'Apocalypse comme une délivrance, rend d'autant plus aléatoire toute tentative d'apaisement. Aussi est-il consternant d'observer les silences d'Obama devant cette tyrannie, qu'il n'ose pas même nommer pour ce qu'elle est.

Sa politique de la main tendue est déjà un échec, puisqu'elle l'empêche de choisir, par prudence, entre la répression des illuminés et l'aspiration d'un peuple à sa souveraineté. Alors que la foule iranienne osait, dès lundi, braver les interdits et les balles (sept morts à Téhéran), le président de la plus grande démocratie se garde de prendre parti, sous les encouragements de ses thuriféraires. À moins qu'Obama ne se ressaisisse, il est loisible de voir une lâcheté dans cette attitude.

D'ailleurs, plus généralement, le "soft power" déployé par Obama, en réplique au bellicisme prêté à Bush et aux néoconservateurs, ne brille apparemment pas par son efficacité. Non seulement l'Iran le plus rétrograde se braque, menaçant les droits de l'homme et la paix dans le monde, mais la Corée du Nord multiplie aussi les provocations dans sa course à l'armement nucléaire. Bush avait classé ces deux régimes-là dans "l'axe du Mal". Les faits montrent qu'il avait raison.


Sarkozy sauve l'honneur
Barack H. Obama explique sa retenue en soulignant le peu de différence entre Mahmoud Ahmadinejad et Mir Hossein Moussavi, qui revendique l'élection. Mais ce relativisme relève du cynisme. Certes, les deux hommes sont issus du même totalitarisme islamiste, qui exècre les États-Unis. Cependant, la contestation de la fraude est aussi celle de la politique d'Ahmadinejad. C'est bien un combat pour la démocratie qui incite des Iraniens à manifester pour réclamer la reconnaissance de leurs votes. Mardi, ils étaient dans la rue malgré l'appel au calme de Moussavi, qui n'est donc pour beaucoup qu'un prétexte. Nombreux sont les manifestants qui ont en ligne de mire la "théocratie fasciste", ainsi qu'il la désigne. Les laisser sans soutien aucun ?

C'est la France qui a sauvé l'honneur. Nicolas Sarkozy a dénoncé, mardi, "l'ampleur de la fraude, proportionnelle à la violence de la réaction". Mercredi, il a enfoncé le clou : "L'idée d'une opposition en Iran est une perspective intéressante." Faudrait-il que les démocraties fassent profil bas, au prétexte de ne pas susciter le courroux des dictateurs ? Nombre d'obamaniaques le pensent, sans s'alarmer de l'esprit de capitulation qui les gagne. Certes il est de bon ton de reconnaître à l'Occident "une certaine arrogance" (Dominique de Villepin, La Cité des hommes, Plon). Pourtant, c'est bien lui qui reste la référence pour une partie de cette jeunesse en colère, qui aspire à son mode de vie.

Il est d'ailleurs paradoxal d'observer ce goût pour l'autoflagellation, commun aux élites européennes prêtes à prendre acte du déclin de l'Occident, tandis que sa civilisation sert toujours d'idéal ailleurs, au point d'avoir mis en échec le Hezbollah lors des récentes élections législatives libanaises. Quand Villepin écrit, parlant de la laïcité, qu'elle est "le socle de la Cité des Hommes", ne voit-il pas qu'il la menace en invitant l'Europe, dans le même temps, à "rassembler" aussi la Turquie et l'Afrique du Nord, où elle est si mal respectée ?


Courageux
Entendre cette pensée conforme en appeler également à l'immigration pour payer les futures retraites illustre l'indifférence qui persiste sur l'état de la société, confrontée, ici et là, à d'inabordables processus de "contre-colonialisme" (Renaud Camus) (1). Mais les yeux s'ouvrent. Le maire (PC) de Vénissieux, André Gerin, soutenu cette semaine par une soixantaine de députés, demande un débat national sur la burqa (voile intégral) qui se multiplie. Manuel Valls (PS) aimerait rajouter dans sa ville (Évry) "quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos", au nom de la lutte contre les ghettos ethniques. François Copé (UMP) rêve, lui, "d'un grand débat sur l'identité française", afin d'éviter "que la nation continue de se fissurer en silence". Les politiques deviendraient-ils courageux?

(1) Sur ce thème, lire aussi le dosssier que consacre, ce mois, la revue Controverses sur le "post colonialisme".

Ivan Rioufol

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08.06.2009

Le vrai visage d'Europe Ecologie

Le vote surprise, lors des élections européennes d'hier, en France, en faveur d'Europe Ecologie (qui fait jeu égal, 16%, avec le PS), porte deux ambiguïtés. Tout d'abord, le mouvement se laisse gentiment présenter comme une expression "citoyenne", rassemblant au-delà des partis dans le louable souci de protéger l'environnement. Or, c'est faux: Europe Ecologie, dirigée par Daniel Cohn-Bendit, est une formation militante de gauche, qui rassemble des Verts, des altermondialistes, des mouvements associatifs. Il se laisse habilement présenter aussi, deuxième ambiguïté, comme une réponse concrète à ce monde réel que le PS se révèle incapable de penser. Or, là aussi, l'apparence est trompeuse: Europe Ecologie est le fruit de l'idéologie "environnementaliste", qui s'est donnée comme but de "penser un autre monde" en plaidant pour la "décroissance", comme l'explique Cécile Duflot, porte-parole de l'organisation. Dans ce creuset, se retrouvent les ayatollahs verts et leurs fatwas à venir. 

Alors que les idéologies s'effondrent sous le poids des réalités, il est paradoxal de voir surgir un mouvement  qui, habité par des certitudes qui ne tolèrent aucune contradiction, puise à nouveau dans des constructions chimériques et autoritaires. Son projet de société vise à encadrer les activités humaines et leurs libres initiatives. Ce type de mouvement, d'inspiration totalitaire, ne peut fonctionner qu'en ayant recours au politiquement correct, mis au service de l'intimidation intellectuelle. Ceux qui, parmi les scientifiques, contestent le fait que le réchauffement climatique ne serait pas dû à l'homme mais serait la conséquence de phénomènes naturels déjà observés au fil des siècles, n'ont pas accès à l'expression publique. Pour avoir soutenu cette thèse, Claude Allègre a été traité de négationniste. Son avenir gouvernemental est devenu très incertain.

Les électeurs d'Europe Ecologie savent-ils exactement pour qui ils ont voté? Le doute est permis, d'autant que la multidiffusion du film apocalyptique de Yann Arthus-Bertrand, "Home", à la veille du scrutin, a probablement éveillé chez le public des émotions dont l'affable Cohn-Bendit a pu tirer profit.  Plus de 8 millions de téléspectateurs ont vu ce documentaire, esthétique mais sans nuance, dont Arthus-Bertrand lui-même a dit (Le Parisien, 5 juin) : "C'est un film de propagande", avant d'indiquer qu'il votera pour Europe Ecologie. Reste à espérer que Nicolas Sarkozy, qui indique ce lundi, fort de ses bons résulats, qu'il prendra "des initiatives ouvrant de nouveaux chantiers", ne se laissera pas abuser par ce mouvement qui, sous prétexte d'écologie, combat la société libérale et sa confiance mise en l'homme.

Je participerai, mercredi, à l'émission "On refait le monde" sur RTL (19h15-20h)

Ivan Rioufol

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04.06.2009

Les Etats-Unis, "grand pays musulman"?

J'avoue ma perplexité. Interrogé mardi soir sur Canal +, Barack Obama aurait dit, selon une traduction reprise par les médias français : "Si l'on compte le nombre d'Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l'un des plus grands pays musulmans de la planète". Si le président américain a vraiment déclaré cela, c'est un mensonge : les musulmans sont une des minorités des Etats-Unis et leur nombre ne dépasse pas, à ma connaissance, huit millions au maximum. S'il a voulu expliquer, comme je le crois plutôt, que les Etats-Unis sont un des pays occidentaux qui comptent le plus de musulmans (mais la France est aussi dans ce cas de figure), je m'étonne que la presse n'ait pas corrigé l'erreur. Dans les deux cas, l'absence de réactions des médias m'étonne. Mais passons, pour l'instant.

Obama, qui entame une opération de charme avec le monde islamique, va tenir un important discours au Caire, demain. Il veut, comme il l'a aussi expliqué, "créer un meilleur dialogue pour que le monde musulman puisse mieux comprendre comment les Etats-Unis, mais plus généralement le monde occidental, conçoivent certains problèmes difficiles, tels que le terrorisme ou la démocratie". Très bien. Ce qui m'inquiète, c'est la posture du pénitent que semble vouloir prendre Barack Hussein Obama, dont le père était musulman, face à l'islam : "Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l'islam", dit-il. Or la curiosité de l'Occident pour l'islam peut se voir aisément, notamment dans les innombrables livres consacrés au monde musulman. En revanche, il faut chercher les auteurs musulmans s'intéressant à l'Occident. L'anthropologie non plus n'est guère prisée par l'islam.

Cette asymétrie est une constante, jusqu'à présent, dans le "dialogue des civilisations" que semble vouloir relancer Obama. A moins qu'il ne sache imposer, cette fois, une obligation de réciprocité au monde musulman, l'Occident risque d'être encore le dindon de la farce. Comme le remarque Jacques Dewitte (L'exception européenne, Michalon) : "Tout se passe comme si, à l'heure actuelle, s'effectuait une distribution des rôles entre ceux qui pratiquent le repentir et l'autocritique - les Européens, les Occidentaux - et ceux qui s'installent dans la dénonciation sans procéder eux-mêmes à un réexamen critique analogue de leur propre passé - en particulier les pays arabes et musulmans. Tout indique même que notre mauvaise conscience, bien loin de susciter l'émulation, renforce les autres dans leur bonne conscience. "

Ivan Rioufol

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28.05.2009

Silence, le Kosovo épure ethniquement

Où sont les grandes consciences? Naguère, elles dénonçaient sans retenue des épurations ethniques attribuées aux Serbes, au Kosovo. Ce mercredi, un rapport du Minority right group, basé à Londres, indique que les minorités vivant dans l'ancienne province serbe, devenue indépendante en 2008 sous la pression d'une population devenue majoritairement musulmane, sont forcées d'abandonner le Kosovo. Le communiqué du groupe explique : "De nombreux membres des minorités Ashkali, Bosniaque, Croate, Gorani, Rome, Serbe et Turque abandonnent le Kosovo car ils font face à une exclusion de la société et à des discriminations à de nombreux niveaux". "Les restrictions à la liberté de mouvement, l'exclusion de la vie politique économique et sociale sont particulièrement ressenties par les petites communautés ethniques",  précise à l'Agence France Presse un responsable de ce groupe, Mark Lattimer. Cette réelle épuration, menée sous les yeux de la communauté internationale, est un scandale qui laisse les belles âmes  indifférentes.

Alors que les bombes de l'Otan s'abattaient sur Belgrade, en 1999, le ministre de la Défense français de l'époque, Alain Richard,  expliquait : "Nous avons vocation partout en Europe à avoir des états multiethniques qui tolèrent les minorités". On voit aujourd'hui les fruits de cette imposture politique, ayant fait du peuple Serbe, remarquable opposant au nazisme durant la seconde guerre mondiale, l'unique responsable du chaos balkanique. Une fois de plus, les faits démontrent que la société multiethnique et multiculturelle est devenue un modèle obligatoire pour tous, à l'exception de pays musulmans qui la réclament uniquement pour les autres. Combien de temps faudra-t-il supporter ce deux poids deux mesures, souvent dénoncé ici? J'espère que des voix s'élèveront pour condamner ce qui se passe au Kosovo. Sinon, il faudra prendre acte d'une forme de soumission de l'Europe et de l'Occident.

Ivan Rioufol

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Quand la France s'éveillera...

Allez ! Une bonne nouvelle : une prise de conscience des multiples fragilités de la société prend forme. Une lucidité inhabituelle s'observe, ici et là, pour constater les signes d'un déclin de la France et de l'Europe. "Protéger" est devenu le verbe le plus utilisé, à droite comme à gauche. Qu'il s'agisse de culture, de sécurité, d'emploi, d'identité, un même souci de préserver des héritages, des acquis, des entre soi motive des positions qui, hier encore, étaient étiquetées réactionnaires.

 La lente déculturation, cet effet d'un égalitarisme arasant, réveille ainsi une intelligentsia longtemps apathique. C'est Edgar Morin qui explique (Le Monde, 13 mai) : "La lecture de Montaigne, La Bruyère, Pascal, Diderot ou Rousseau nourrit notre esprit pour nous aider à résoudre nos problèmes de vie." Le sociologue préconise une année propédeutique de culture générale "obligatoire pour tous, en fin de lycée ou en première année de fac". Obligatoire. Le mot ne fait plus peur.

Dernièrement, le Haut Conseil à l'intégration, présidé par Patrick Gaubert, a publié un avis sur les valeurs de la République. On peut y lire : "Il est évident qu'un pays hôte est en droit d'exiger de ceux qui sont invités à séjourner durablement sur son sol (...) de respecter les valeurs fondamentales qui le structurent et constituent son patrimoine politique national". Le texte parle de "se soumettre" aux règles et aux codes. "Nos valeurs ne sont pas négociables". Jusqu'alors, le dogme de la diversité et du relativisme empêchait de parler ainsi.

Mais l'expression la plus spectaculaire d'un sursaut reste l'engouement soudain pour La Princesse de Clèves. La gauche s'était tue quand le président du Conseil représentatif des associations noires, Patrick Lozès, avait trouvé inutile qu'une connaissance du roman soit demandée pour un concours de postiers. Elle n'avait pas protesté quand le gouvernement avait, par la suite, supprimé la culture générale de certains concours administratifs, afin de satisfaire aux demandes des minorités ethniques (bloc-notes, 5 décembre 2008).

 Il aura fallu que le chef de l'État, mal inspiré, s'approprie les griefs du Cran contre le roman de Mme de La Fayette pour que l'antisarkozysme s'affole des concessions faites, depuis des années, au multiculturalisme. Lundi, dans Libération, une  "écrivaine et professeure", Hélène Merlin-Kajman, se félicitait que cette lecture littéraire soit devenue "un acte politique", incitant à inventer "de nouvelles formes de civilité, de bienséance et de réserve". Cet éloge de l'esprit français, n'est-ce pas une autre bonne nouvelle ?


"Une juste fierté"
Bon, il ne s'agit pas d'être naïf. Une possible résistance aux coups de boutoir portés à la douce France, sommée de s'ouvrir et de la fermer, n'en est qu'à ses balbutiements. Ce qui se dessine n'est que l'esquisse d'un retour vers les savoirs et la culture élitiste, que l'état de tiers-mondisation atteint par certaines universités grévistes (singulièrement en lettres et sciences humaines) rend encore plus urgent. La France s'éveille lentement, mais le temps joue contre elle. D'autant que le Vieux Continent, assoupi et amnésique, ne s'émeut guère de l'essoufflement de l'Occident qu'il représente. La faiblesse militaire de l'Europe dit tout de sa faiblesse générale.

Les pays de l'Est sont d'ailleurs les meilleurs gardiens d'une identité européenne devenue vulnérable à force d'autocritique et de mauvaise conscience. Un registre qu'illustre jusqu'à l'absurde Ségolène Royal, quand elle déclare, lundi à Paris : "L'Afrique est notre avenir", après lui avoir dit "pardon, merci, s'il vous plaît", pour l'esclavage, la colonisation, sa participation à la Libération de la France. Comme l'écrit le philosophe Jacques Dewitte (L'Exception européenne, Michalon, 2008), il est urgent que la conscience européenne, qui a porté si haut la civilisation, retrouve "une estime de soi ou une juste fierté" (1).

 Or, justement, il ressort de la campagne pour les élections européennes que celle-ci se préoccupe beaucoup d'intérêts vitaux. Il est permis d'y voir, là aussi, une réactivité devant le processus d'autodestruction enclenché au nom de la mondialisation, du grand brassage, de la table rase. Les partis politiques des pays de l'Union réclament peu ou prou les mêmes protections. Le rejet majoritaire d'une entrée de la Turquie musulmane dans l'Union européenne révèle un désir, encore mal assumé, de consolider prioritairement un continent encore familier, héritier d'une même culture judéo-chrétienne et délimité par des frontières.


Inutile ouverture
C'est parce que le Parti socialiste n'a apparemment pas intégré ces aspirations à un nouveau conservatisme (qui se devinent aussi dans son propre camp) qu'il a tant de mal à émerger dans les sondages pour les européennes, malgré la crise censée le porter et son pilonnage médiatique contre Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, qui marginalise l'extrême gauche mais se révèle porteur pour le traditionalisme incarné par François Bayrou, une poursuite de la politique d'ouverture à gauche s'inscrirait à contre-courant d'un mouvement de fond. C'est pourtant l'intention qui est prêtée à Nicolas Sarkozy. Seule une arrivée de Claude Allègre, personnalité iconoclaste fâchée avec le PS, pourrait être vue comme une bonne nouvelle...

Ivan Rioufol

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23.05.2009

Quand la France s'éveillera...

Allez ! Une bonne nouvelle : une prise de conscience des multiples fragilités de la société prend forme. Une lucidité inhabituelle s'observe, ici et là, pour constater les signes d'un déclin de la France et de l'Europe. "Protéger" est devenu le verbe le plus utilisé, à droite comme à gauche. Qu'il s'agisse de culture, de sécurité, d'emploi, d'identité, un même souci de préserver des héritages, des acquis, des entre soi motive des positions qui, hier encore, étaient étiquetées réactionnaires.

La lente déculturation, cet effet d'un égalitarisme arasant, réveille ainsi une intelligentsia longtemps apathique. C'est Edgar Morin qui explique (Le Monde, 13 mai) : "La lecture de Montaigne, La Bruyère, Pascal, Diderot ou Rousseau nourrit notre esprit pour nous aider à résoudre nos problèmes de vie." Le sociologue préconise une année propédeutique de culture générale "obligatoire pour tous, en fin de lycée ou en première année de fac". Obligatoire. Le mot ne fait plus peur.

Dernièrement, le Haut Conseil à l'intégration, présidé par Patrick Gaubert, a publié un avis sur les valeurs de la République. On peut y lire : "Il est évident qu'un pays hôte est en droit d'exiger de ceux qui sont invités à séjourner durablement sur son sol (...) de respecter les valeurs fondamentales qui le structurent et constituent son patrimoine politique national". Le texte parle de "se soumettre" aux règles et aux codes. "Nos valeurs ne sont pas négociables". Jusqu'alors, le dogme de la diversité et du relativisme empêchait de parler ainsi.

Mais l'expression la plus spectaculaire d'un sursaut reste l'engouement soudain pour La Princesse de Clèves. La gauche s'était tue quand le président du Conseil représentatif des associations noires, Patrick Lozès, avait trouvé inutile qu'une connaissance du roman soit demandée pour un concours de postiers. Elle n'avait pas protesté quand le gouvernement avait, par la suite, supprimé la culture générale de certains concours administratifs, afin de satisfaire aux demandes des minorités ethniques (
bloc-notes, 5 décembre 2008).

Il aura fallu que le chef de l'État, mal inspiré, s'approprie les griefs du Cran contre le roman de Mme de La Fayette pour que l'antisarkozysme s'affole des concessions faites, depuis des années, au multiculturalisme. Lundi, dans Libération, une  "écrivaine et professeure", Hélène Merlin-Kajman, se félicitait que cette lecture littéraire soit devenue "un acte politique", incitant à inventer "de nouvelles formes de civilité, de bienséance et de réserve". Cet éloge de l'esprit français, n'est-ce pas une autre bonne nouvelle ?

"Une juste fierté"

Bon, il ne s'agit pas d'être naïf. Une possible résistance aux coups de boutoir portés à la douce France, sommée de s'ouvrir et de la fermer, n'en est qu'à ses balbutiements. Ce qui se dessine n'est que l'esquisse d'un retour vers les savoirs et la culture élitiste, que l'état de tiers-mondisation atteint par certaines universités grévistes (singulièrement en lettres et sciences humaines) rend encore plus urgent. La France s'éveille lentement, mais le temps joue contre elle. D'autant que le Vieux Continent, assoupi et amnésique, ne s'émeut guère de l'essoufflement de l'Occident qu'il représente. La faiblesse militaire de l'Europe dit tout de sa faiblesse générale.

Les pays de l'Est sont d'ailleurs les meilleurs gardiens d'une identité européenne devenue vulnérable à force d'autocritique et de mauvaise conscience. Un registre qu'illustre jusqu'à l'absurde Ségolène Royal, quand elle déclare, lundi à Paris : "L'Afrique est notre avenir", après lui avoir dit "pardon, merci, s'il vous plaît", pour l'esclavage, la colonisation, sa participation à la Libération de la France. Comme l'écrit le philosophe Jacques Dewitte (L'Exception européenne, Michalon, 2008), il est urgent que la conscience européenne, qui a porté si haut la civilisation, retrouve "une estime de soi ou une juste fierté" (1).

Or, justement, il ressort de la campagne pour les élections européennes que celle-ci se préoccupe beaucoup d'intérêts vitaux. Il est permis d'y voir, là aussi, une réactivité devant le processus d'autodestruction enclenché au nom de la mondialisation, du grand brassage, de la table rase. Les partis politiques des pays de l'Union réclament peu ou prou les mêmes protections. Le rejet majoritaire d'une entrée de la Turquie musulmane dans l'Union européenne révèle un désir, encore mal assumé, de consolider prioritairement un continent encore familier, héritier d'une même culture judéo-chrétienne et délimité par des frontières.

Inutile ouverture

C'est parce que le Parti socialiste n'a apparemment pas intégré ces aspirations à un nouveau conservatisme (qui se devinent aussi dans son propre camp) qu'il a tant de mal à émerger dans les sondages pour les européennes, malgré la crise censée le porter et son pilonnage médiatique contre Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, qui marginalise
l'extrême gauche mais se révèle porteur pour le traditionalisme incarné par François Bayrou, une poursuite de la politique d'ouverture à gauche s'inscrirait à contre-courant d'un mouvement de fond. C'est pourtant l'intention qui est prêtée à Nicolas Sarkozy. Seule une arrivée de Claude Allègre, personnalité iconoclaste fâchée avec le PS, pourrait être vue comme une bonne nouvelle...

Ivan Rioufol

pour le Figaro le 22 mai 2009

(1) Des éléments de ce chapitre ont été puisés dans le
colloque sur l'identité européenne, organisé vendredi dernier à la Sorbonne par Jean-François Mattei et Chantal Delsol.

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19.05.2009

Vers une guerre urbaine ?

Cette fois, c'est avec une arme de guerre (probablement une kalachnikov) que des agresseurs ont tiré sur des policiers, ce week-end à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), sans faire de victime. Un stade supplémentaire a été franchi dans l'expression d'une rébellion des voyous des cités contre l'ordre public. A cette occasion, on apprend (Le Monde daté de mardi) que le quartier des Tarterêts à Corbeille-Essonnes (Essonne) a connu quatre week-ends consécutifs d'affrontements entre les jeunes et la police, depuis le début avril. En réalité, les médias ne rendent plus compte de toutes les scènes de guérillas, tant elles sont devenues habituelles. Le 14 mars, dans la cité des Musiciens aux Mureaux (Yvelines), la police avait essuyé des tirs de plombs. Le 18 mars, Nicolas Sarkozy avait annoncé seize mesures policières et judiciaires. Effet dissuasif nul, de toute évidence.
 
Entendre Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, se féliciter que les policiers "ont réussi à mettre en fuite leurs agresseurs" illustre le désarroi des forces de l'ordre, dont l'autorité ne suffit plus à se faire respecter. C'est même contre eux que vont les reproches du sociologue Laurent Mucchielli. Dans Le Parisien de ce lundi, il constate : "les policiers ont considérablement augmenté le niveau de leur violence, en particulier depuis qu'ils sont dotés de flash-balls et de pistolets électriques Taser". Il les compare aux voyous : "On se heurte à une logique de guerre entre deux groupes de jeunes gens, virils et violents, qui se provoquent et s'affrontent. Bien que les uns aient la légitimité de l'Etat et pas les autres, il est étonnant de constater que le seul mode de dialogue entre eux est le rapport de force". De tels raisonnements cul pas dessus tête, révélateurs d'un état d'esprit culpabilisant une approche répressive, confortent le sentiment d'impunité des irréductibles.

Si le gouvernement  ne veut pas se ridiculiser encore avec d'autres vaines déclarations martiales contre l'insécurité des cités et l'inviolabilité de leurs territoires, il est désormais contraint de passer à l'acte. Outre le démantèlement des trafics de drogue dans les quartiers sensibles, c'est leur désarmement effectif, cache après cache, que les pouvoirs publics doivent envisager. A moins que l'ensemble des cités ne s'estiment solidaires des 222 bandes qui sont, officiellement, au cœur des violences, l'Etat ne doit pas craindre les répercussions d'une telle riposte républicaine. Reste un doute, malgré tout : les banlieues ghettos surarmées seraient prêtes à soutenir une guerre urbaine ?


Je participerai, ce lundi, à l'émission "On refait le monde" sur RTL (19h15-20h) et je présenterai "Chronique d'une année de crises" sur Radio Judaïque (94.8) à 21h.
Je participerai, mardi matin, à un débat sur ITélé (8h20, rediffusion 9h20). Un débat sur France O (sur les minorités), préenregistré ce lundi, sera diffusé mardi à 22h30.
Je participerai, mercredi, à deux débats sur BFM TV (12h50- 13h10)

Ivan Rioufol

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