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13.08.2009

Iran : la trahison de l’Occident

L’événement le plus révoltant, le plus lamentable et le plus lourd de conséquences, au cours de ces derniers mois, a été la réaction du monde occidental au soulèvement du peuple iranien.

Dans les médias, on a parlé de contestations des résultats de l’élection présidentielles, de « partisans de Moussavi », et que sais-je encore ? On n’a pas dit que les slogans demandaient la liberté, la fin d’un régime qui écrase ce pays qui a, sans nul doute, aujourd’hui, dans le monde musulman, la population la plus ouverte aux valeurs de liberté.

On n’a pas dit l’immense courage de ceux qui sont allés jusqu’à sacrifier leur vie pour la renaissance et la libération de leur pays.

Les dirigeants politiques occidentaux n’ont pas valu mieux que les médias et, pour l’essentiel, se sont limités à quelques vagues formules exprimant une timide « préoccupation ». Les manifestations de soutien au peuple iranien en Europe et en Amérique ont été à l’image de cette apathie. Protester contre Israël ou contre Bush était bien plus mobilisateur !

Il est tristement significatif de voir qu’en Occident, on se révolte bien plus volontiers contre des gouvernements démocratiques que pour soutenir un peuple qui aspire à la démocratie.

Les manifestants occidentaux préfèrent les terroristes et les dictateurs. J’en déduis que, si des frappes devaient avoir lieu contre les installations nucléaires du régime d’Ahmadinejad, là, il y aurait, en Occident, de la protestation dans l’air…

Si les Iraniens, qu’ils soient dans la rue ou dans les obscènes tribunaux staliniens où ils doivent prononcer leur « autocritique », se faisaient des illusions sur le monde occidental, il ne doit plus leur en rester beaucoup.

La chute du régime d’Ahmadinejad aurait pourtant des effets extraordinaires. Le régime en place à Téhéran est le vrai nœud gordien de l’islam radical sur la planète : il est le principal soutien du Hezbollah, du Hamas, de la dictature syrienne de la famille Assad, et il abrite très vraisemblablement quelques résidus d’al Qaida, même si ceux-ci sont sunnites. Le régime en place à Téhéran est aussi l’un des maillons de la nébuleuse de dictatures où se retrouvent Poutine, Medvedev, Chavez, les dirigeants chinois, la Corée du Nord. Ainsi la fin du régime porterait-elle un coup très sérieux, tout à la fois à l’islamisme et au réseau autoritaire-totalitaire qui se tisse.

Si cette chute doit survenir, ce ne sera pas grâce à l’Occident qui trahit chaque jour un peu plus les valeurs qu’il prétend incarner. Elle viendra, tôt ou tard, car les régimes de ce genre sont stériles et finissent par s’effondrer. Mais, parfois, l’effondrement prend du temps, et le temps qui passe s’accompagne alors de dégâts.

Le modèle suivi par la clique au pouvoir à Téhéran semble être le modèle nord-coréen : parvenir à l’arme atomique pour se sanctuariser et pour que toute tentative de renverser le régime apparaisse susceptible de créer un cataclysme.

Obama, sauf s’il change d’orientation brutalement, semble accepter l’idée de l’arme atomique iranienne.
Les dirigeants européens aussi. Les Israéliens ne sont pas seulement concernés parce qu’ils sont en première ligne ; ils discernent ce que devrait discerner tout dirigeant occidental lucide, à savoir que l’arme atomique aux mains d’Ahmadinejad, vues les relations de celui-ci avec le terrorisme islamique, offrirait des possibilités de chantage terroriste d’une gravité sans précédent et entraînerait une nucléarisation rapide de tout un ensemble d’autres pays de la région, transformant cette zone en poudrière plus explosive encore.

Nous sommes dans une ère de potentialité inédite dans l’histoire de l’humanité (j’aurai l’occasion d’y revenir, car je trouve l’obscurantisme anti-scientifique et anti-économique ambiant insupportable). Mais ces potentialités sont réversibles et peuvent laisser place à une tragédie absolue.

Irons-nous du côté des potentialités ouvertes par le net, la mondialisation accélérée, les biotechnologies ?
Ou allons-nous continuer à nous auto-flageller en disant que le centre de nos préoccupations doit être un imaginaire dérèglement climatique, tout en abandonnant des peuples entiers, et en laissant faire des malades mentaux qui pourraient très vite détruire bien davantage que le climat…

Guy Millière

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